Résumé
Jonas Mekas, pionnier du journal filmé, fait le portrait de son ami Andy Warhol et de sa cour, de 1966 à 1982, offrant un aperçu intime des coulisses de la vie et de la carrière de l’artiste.
L'avis de Tënk
Qu’est-ce qui rend les œuvres de Mekas si poignantes?
Il y a bien sûr la brochette de personnages invraisemblables. John Lennon, Yoko Ono, les Velvet Underground, George Maciunas, Allen Ginsberg, les enfants Kennedy, Lee Radziwill, Mick Jagger… Il y a ce condensé de l’esprit new-yorkais des années 60 aux années 80, véritable capsule temporelle nous donnant un accès inédit à ce moment incomparable de l’histoire de l’art.
Mais ce qui rend les journaux de Mekas aussi hypnotiques et magnétiques, c’est qu’ils témoignent de la sensibilité non seulement d’un immense poète, mais également d’un incomparable ami.
Mekas déborde de tendresse. Ici, c’est sur Warhol qu’elle rejaillit. Le regard qu’il lui porte n’est ni complaisant, ni béat, ni indiscret, ni générique. Il est plein de vie, de rires, d’admiration joyeuse et de réciprocité. C’est le regard d’un artiste, nourri, amusé et enchanté par un autre artiste, avec le cœur et la générosité de celui qui sait aimer sans attente ni contrainte.
Mekas est le poète filmeur, mais il est encore davantage le poète aimant, qui sait faire irradier la lumière partout où il pose son regard-caméra. Et fréquenter son œuvre permet d’être gracié de ce pouvoir ; on en ressort inondé de cette même lumière avec l’envie de la faire jaillir à son tour. C’est le cercle vertueux de l’amour, dans cette vaste camaraderie immortelle – et gratuite ! – que nous offrent les poètes.
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk Canada