Résumé
Première femme océanographe française à pénétrer le monde fermé des marins, Anita Conti embarque en 1952 sur un chalutier pour partager la dure vie des pêcheurs de morue en Atlantique. Seule avec sa caméra, ses appareils photo et soixante hommes durant six mois. Partant de ses images, d’extraits lus de ses journaux de bord et d’archives audio de sa voix, le film dessine le portrait de cette femme pionnière qui avait pressenti la nécessité de la protection des océans.
L'avis de Tënk
Ce film est le fruit d’une recherche au long cours, qui a conduit la réalisatrice et metteuse en scène Louise Hémon à réfléchir à l’évocation d’un destin exceptionnel. Au départ, il y a un spectacle, intitulé Les Océanographes, dans lequel apparaissaient déjà les archives d’Anita Conti. C’est d’ailleurs à un film sur la naissance d’une artiste que nous avons affaire ici. Loin de l’hagiographie, Voyage de documentation… permet de comprendre le cheminement de la pionnière de l’océanographie (à ses yeux une discipline « totale »). Chez elle, la création naît de la contingence : l’espace exigu, le travail et le mouvement constant des marins et des éléments rendent impossible le dessin ? Anita Conti s’improvise alors photographe, cinéaste, poète. Elle restitue avec une rigueur toute scientifique et une générosité de chaque instant la vie à bord. Ce film dévoile avec finesse, par un assemblage de textes, de photos N&B, d'images en 16mm, de la voix de Conti elle-même, cette énergie créative hors du commun, indissociable d’un combat écologique d’avant-garde.
Benoît Hické
Programmateur et enseignant